Journal de bord d'un Belge égaré à La Palma

Puerto Naos

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Ville / VillageVille / Village
Voir sur Google Maps28.586377, -17.910236
OuvertOuvert 24h/24

Accès PMRAccès possible pour personnes à mobilité réduites
Chiens tolérés (zones limitées)Les chiens sont tolérés mais pas partout sur le site
DouchesDes douches sont disponibles
ParkingParking prévu pour motor-home
Petite restaurationFood-trucks, buvettes, snacks
PlageIl y a une plage
RestaurantsIl y a des restaurants
ToilettesDes toilettes sont disponibles
VestiairesDes vestiaires sont disponibles
Vue sur la merRestaurant avec vue sur la mer

Puerto Naos, ou la station balnéaire qui a survécu au volcan

Puerto Naos est le principal noyau touristique et résidentiel de la côte ouest de La Palma, sur la commune de Los Llanos de Aridane. Plage de sable noir, front de mer, hôtels, appartements et commerces de proximité : avant 2021, c’était le point de chute classique pour les vacanciers cherchant du soleil sur cette façade plus sèche et plus ensoleillée de l’île, à l’abri du Cumbre Vieja qui bloque les alizés humides venus de l’est.

2021 : la coulée s’arrête à quelques centaines de mètres

Lors de l’éruption du Tajogaite, la coulée de lave a traversé la vallée d’Aridane jusqu’à l’océan, ensevelissant plusieurs quartiers et une partie des terres agricoles proches du littoral. Puerto Naos, en tant que tel, n’a pas été recouvert par la lave. Mais le village s’est retrouvé au contact direct du champ de lave, séparé de la coulée par une distance qui, à certains endroits, se compte en dizaines de mètres à peine.

Cette proximité immédiate avec des dizaines de millions de mètres cubes de roche encore chaude allait créer un problème inattendu, invisible, et qui allait s’avérer beaucoup plus long à résoudre que la coulée elle-même.

Le CO2 : un gaz volcanique qui trouve son chemin sous terre

Dès la fin de l’éruption, des techniciens ont détecté des concentrations anormales de dioxyde de carbone (CO2) dans certains espaces fermés de Puerto Naos et du hameau voisin de La Bombilla. Ce CO2 est un gaz volcanique résiduel qui continue à s’échapper du sous-sol pendant des années après la fin d’une éruption — un phénomène connu ailleurs dans le monde sous le nom de dégazage post-éruptif.

Le gaz remonte par le réseau de fissures et de tubes créés par la lave, ainsi que par le sous-sol poreux, et trouve ensuite son chemin vers la surface à travers les points de moindre résistance : canalisations d’évacuation des eaux, gaines techniques, fissures de dallage. Incolore et inodore, il est indétectable sans capteur. Plus dense que l’air, il s’accumule préférentiellement dans les espaces bas et mal ventilés : garages, sous-sols, vides sanitaires, caves.

Cette caractéristique a rendu tout le noyau de Puerto Naos et La Bombilla inaccessible pendant plusieurs mois après la fin de l’éruption, alors même que les habitations n’avaient subi aucun dommage matériel visible : le danger n’était pas la lave, mais l’air qu’on respirait en entrant dans son propre garage.

Cinq ans de mesure, de zonage et de réouvertures progressives

Le Cabildo de La Palma, via le Plan insulaire d’urgences (Peinpal), a mis en place un réseau de plus d’un millier de capteurs, intérieurs et extérieurs, sur l’ensemble du noyau de Puerto Naos et La Bombilla. Ce dispositif, connu sous le nom de projet Alerta CO2, permet de suivre en continu les concentrations de gaz et de décider, bâtiment par bâtiment, si le retour des habitants peut être autorisé.

La zone a été découpée en secteurs selon le niveau de risque, la plus critique étant surnommée la « zone noire ». Les autorisations de retour ont été délivrées progressivement, logement par logement, garage par garage, au fil des relevés favorables du Comité Asesor du Peinpal, qui se réunit régulièrement pour statuer sur de nouvelles ouvertures.

Dans les cas où le gaz persistait, des solutions techniques ont été testées au cas par cas : ventilation forcée (extraction ou insufflation d’air), scellement des points d’entrée, ou installation de conduits dédiés pour rediriger le CO2 vers l’extérieur avant qu’il n’atteigne les espaces habités. Plus récemment, un système plus abouti de dépressurisation, développé avec l’Institut Eduardo Torroja du CSIC (le même type de technique utilisée contre le radon), a été testé sur un immeuble pilote de Puerto Naos : des puits d’aspiration sous la dalle du garage créent une dépression contrôlée qui capte le gaz avant qu’il n’entre dans le bâtiment.

La situation aujourd’hui

Cinq ans après l’éruption, la très grande majorité des logements, commerces et garages de Puerto Naos et La Bombilla ont retrouvé leur autorisation d’usage. Il ne subsiste, à ce jour, qu’une poignée de garages et de locaux encore fermés, essentiellement concentrés dans la « zone noire », le secteur le plus proche de la coulée où les concentrations de CO2 restent, par endroits, trop élevées pour garantir une sécurité totale. Les réouvertures s’y font au compte-gouttes, immeuble par immeuble, à mesure que les relevés le permettent.

Le reste du village a repris une activité normale : plage ouverte, commerces rouverts, circulation libre à l’air libre. Le risque, tel qu’il subsiste, reste circonscrit aux espaces fermés et mal ventilés de ce périmètre résiduel — pas à l’ensemble du village, qui vit aujourd’hui normalement.

Remarque

Il y a deux bars de plages avec de la petite restauration aussi. Les fauteuils en palettes sont gratuit pour les clients, par contre les transats sur la plage sont payant. Les parasols « autonomes » sont payant également mais les coins d’ombre sous des parasols fixes construit en paillettes sont gratuit (mais toujours occupés). On peut bien sur emporter son propre parasol avec essuies de plage.


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