C’est certainement le point le plus connu de l’île. D’abord bien sûr c’est le point culminant de La Palma, c’est the-place-to-see quand on vient ici.
Il ne fait « que » 2426 mètres, alors que le Teide de Tenerife en face fait 3718 mètres. Mais comme l’île de Tenerife est trois fois plus grande que La Palma, ici l’effet « pointu » est très réel. D’ailleurs la route pour y arriver, surtout vers la fin, est très « pittoresque »
Il faut prévoir la journée entière pour y aller. Environ 2h de voiture pour arriver, 1h de balade sur place, 2h de voiture sur le retour. Là en haut il n’y a qu’un tout petit parking, très souvent rempli dès midi. L’idéal est d’y arriver vers 11h-11h30.
Et ce n’est qu’un parking. Pas de toilettes, pas de boissons, … rien nada. Et interdit d’y manger son pique-nique tant qu’on est dans la zone protégée.
Un point culminant, presque un repère
Le Roque de los Muchachos culmine à 2426 mètres. C’est le point le plus haut de La Palma, et le deuxième sommet le plus élevé de tout l’archipel des Canaries, juste derrière le Teide de Tenerife (3718 m). Il domine la crête nord du Parc national de la Caldera de Taburiente, cette immense dépression volcanique d’environ 1500 mètres de profondeur et une dizaine de kilomètres de diamètre.
Le lieu avait déjà une importance avant qu’on y installe le moindre instrument scientifique : au XIXe siècle, l’Espagne y a placé l’un des points de sa toute première triangulation géodésique nationale — un des repères qui ont servi à mesurer et cartographier précisément le territoire. Le sommet servait déjà à regarder loin, longtemps avant l’astronomie.
Pourquoi « los Muchachos » ?
L’explication la plus répandue tient à la forme du sommet lui-même. Juste au point culminant se dresse un petit groupe de roches volcaniques, chacune d’environ trois mètres de haut, serrées les unes contre les autres. Vues d’une certaine distance, elles évoquent une bande de gamins debout, immobiles — « los muchachos », les garçons. C’est cette silhouette qui aurait donné son nom au lieu.
En Belgique il y a bien le Manneken-Pis, ici on a los Tres Muchachos.
Une piste plus marginale existe aussi, et mérite d’être citée avec prudence tant elle reste spéculative. Un auteur a proposé que « muchacho » ne viendrait pas du tout du mot espagnol pour « garçon », mais d’une racine pré-latine désignant le rocher (comparable au basque « aitz » ou « haitz »). Il note que le mot « muchacho » revient dans des dizaines de noms de lieux accidentés à travers l’Espagne — des hauteurs, des ravins, des crêtes rocheuses — ce qui suggérerait des bergers et des bûcherons baptisant des terrains difficiles, plutôt qu’une légende sur des enfants pétrifiés. Rien ne permet de trancher entre les deux versions ; la première reste de loin la plus citée, la seconde a le mérite de rappeler qu’un nom de lieu porte souvent plusieurs couches d’histoire, pas toujours celle qu’on croit.
Un relief qui garde ses propres traces
L’altitude a aussi façonné une flore qu’on ne trouve nulle part ailleurs, comme la violette de cumbre (Viola palmensis), minuscule et endémique de ces hauteurs, ou le tajinaste bleu, qui dresse sa hampe de fleurs au printemps dans un paysage par ailleurs presque minéral. Le vent y est fort, les températures basses, et la neige n’est pas rare en hiver.
À proximité du sommet, plusieurs stations de gravures rupestres témoignent d’une présence humaine bien antérieure à toute mesure géodésique ou scientifique : des motifs en spirale et des cercles concentriques, caractéristiques de l’art pré-hispanique des Canaries.
Ce qu’on voit depuis là-haut
Par temps clair, la vue porte sur trois îles voisines : Tenerife, La Gomera et El Hierro, avec parfois le Teide qui se détache au loin par-dessus la mer. En contrebas, la Caldera de Taburiente ouvre un gouffre végétalisé qui donne une autre échelle à tout le reste.
Un bon plan pour les dimanches
Venant de l’Ouest, il y a deux routes pour arriver. Celle du centre pour y aller (en bleu foncé) et celle de l’ouest pour le retour (en bleu clair).
Sur la route du retour mais uniquement les dimanches, le marché de Puntagorda est ouvert et l’aire de pique-nique de El Fayal.
Le plan : partir pas trop tard pour arriver vers 11h30 et trouver encore du parking libre. 1h de balade sur place, et redescendre vers Puntagorda pour y arriver vers 14h. La zone récréative de El Fayal offre un large espace de bancs pour y pique-niquer.

Mes petites remarques.
C’est l’endroit le plus connu de La Palma, et largement le plus documenté sur une multitude de sites touristiques. Je ne vais pas en écrire plus ici.
Par contre ce dont on ne parle nulle part, ce sont … les corbeaux !
Les corbeaux, déjà de base partout, sont parmi les oiseaux sans doute les plus intelligents. Et ici, ils sont largement habitués aux touristes et aux humains. Ils n’ont absolument pas peur, que du contraire, ils sont très « intrépides » et très chapardeurs.
Ne laissez jamais trainer un paquet de chips ou autres friandises : c’est (en)volé.
Un jour j’ai laissé la fenêtre ouverte de ma voiture, un paquet de biscuits sur le siège passager : ils sont carrément rentrés sans gêne, piquer le paquet et s’envoler avec lui. Alors que j’étais là ! Hayon du coffre ouvert, assis sur le pare-chocs pour changer de chaussures, 10 secondes, et hop, partis mes biscuits.
Ensuite : le soleil ! 2426 mètres c’est haut, moins d’atmosphère et un air pur sans pollution : ça ne pardonne pas. Le soleil là haut il « tape dur ». Crème solaire +50 indispensable.
Moins d’atmosphère = moins d’oxygène. On est vite essoufflé. Ne surestimez pas vos forces. Marchez lentement sans forcer.
Aussi l’altitude : le vent et le froid de la saison. Une année j’y suis allé en décembre. Et bien, mon manteau d’esquimau belge n’était vraiment pas de trop.








































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