Porís de Candelaria
Sur la côte ouest de La Palma, à environ 4 km du centre de Tijarafe, une cavité volcanique d’une cinquantaine de mètres de hauteur s’ouvre sur l’Atlantique. À l’intérieur : des maisonnettes blanches et bleues, bâties à même la roche. C’est le Porís de Candelaria.

Un porís, qu’est-ce que c’est
En palmero, un « porís » (ou « proís ») désigne un petit port naturel, un embarcadère. Avant que les routes ne relient correctement les villages de l’île, le transport de marchandises et de personnes se faisait souvent par la mer, de porís en porís. Celui de Candelaria doit son nom à une statue de la Vierge de Candelaria — la légende locale raconte qu’au XVIe siècle, des marins bloqués ici par une tempête auraient tenté à plusieurs reprises de repartir avec la statue, sans succès : le mauvais temps revenait à chaque tentative. Ils ont fini par la laisser sur place. La statue a ensuite été déplacée vers une grotte voisine, puis vers l’église de Tijarafe, où elle se trouve aujourd’hui.
Un port de commerce, avant d’être un lieu de vacances
La première mention écrite du lieu remonte à 1588, qui le décrit comme un port par où transitaient blé et poix (brea). Des mousses (grumetes) embarquaient aussi d’ici en direction des Amériques. Un puits proche, qui ne tarit pas en été, en faisait un point de ravitaillement en eau doublement utile : pour les bateaux et pour les troupeaux que les familles de Tijarafe descendaient parfois jusqu’à la cueva durant la saison chaude.
Les premières casetas construites à même la roche datent d’il y a environ un siècle. Les pêcheurs y entreposaient leur matériel et s’y abritaient en cas de tempête. Le hameau compte aujourd’hui entre 60 et 70 constructions — mélange de casetas et de cuevas aménagées.
Personne n’y habite à l’année
Malgré son apparence de village, le Porís de Candelaria n’a jamais eu de résidents permanents. Les propriétaires actuels — pour la plupart originaires de Tijarafe, à une dizaine de minutes en voiture — y descendent le week-end, les jours fériés et l’été. Il n’y a ni commerce, ni restaurant, ni ramassage des ordures : l’eau et l’électricité sont gérées collectivement par les habitants eux-mêmes.
Les casetas se transmettent de génération en génération. Elles ne sont ni à vendre ni destinées à la location touristique : selon plusieurs voisins interrogés par la presse locale, la communauté cherche activement à éviter que des tiers extérieurs au village n’en fassent une activité de type Airbnb.
Accès
- En voiture : via la LP-1 jusqu’à Tijarafe, puis une route étroite et sinueuse jusqu’à un parking aménagé, suivie d’une descente à pied d’environ 15 minutes. La descente est assez « rude » et le chemin est très peu aménagé. Impossible à faire en tongs ; chaussures requises. La montée est forcément tout aussi rude.
Attention: on arrive d’abord à un premier parking mais il faut continuer jusqu’au deuxième plus bas où se trouve un vingtaine de places. - À pied : par le sentier balisé PR LP 12.2 (circuit de Tijarafe), environ 10,3 km.
- En bateau : plusieurs excursions au départ du Puerto de Tazacorte longent la côte et permettent d’apercevoir la cueva depuis la mer, sans y débarquer.
Une petite baie abritée à l’intérieur de la cueva permet de se baigner ou de faire du snorkeling lorsque la mer le permet — l’Atlantique y est parfois agité et les fonds rocheux imposent de la prudence. À proximité, la Cueva Bonita n’est accessible que par la mer.























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