Les cantons de La Palma

De nos jours, l’île de La Palma est organisée en 14 cantons (ou municipalités), qui ne correspondent pas tout à fait aux 12 cantons de l’origine préhispanique des Benahoritas

Voici les principales différences :

  • Le découpage : L’île était divisée en 12 cantons à l’époque préhispanique, alors qu’elle est aujourd’hui découpée en 14 municipalités.
  • La correspondance : Les frontières actuelles des municipalités espagnoles ne recouvrent pas parfaitement les territoires aborigènes. Bien que certains cantons aient donné leur nom à des régions ou des communes, la plupart des 14 municipalités modernes ont été redessinées arbitrairement après la conquête.
  • Le bassin géographique : Les 12 cantons s’étendaient généralement de la côte jusqu’au sommet des montagnes, formant comme des « quartiers d’orange » allant des sommets vers la mer, tandis que les communes modernes ont des limites administratives plus resserrées.

Barlovento

Barlovento occupe l’extrémité nord-est de l’île, de la côte atlantique jusqu’aux crêtes bordant la Caldera de Taburiente. Le municipe couvre environ 43,5 km² pour quelque 2 100 habitants, son casco urbain se trouvant à 548 m d’altitude. Son territoire correspond à l’ancien canton benahoarita de Tagaragre, dont le chef était Temiaba. Arrosé toute l’année par la « pluie horizontale » des alizés, il conserve une importante couverture forestière (pinède et monteverde) et vit de l’agriculture — banane, pomme de terre — et de l’élevage caprin. On y trouve la Laguna de Barlovento, la plus grande retenue d’eau de l’archipel canarien, aménagée dans un ancien cratère, ainsi que le phare de Punta Cumplida (1860), premier phare des Canaries.

Breña Alta

Situé sur le versant oriental de l’île, juste au sud de la capitale, Breña Alta s’étend de la côte aux crêtes de Cumbre Nueva. Il couvre environ 31 km² pour près de 7 300 habitants, le chef-lieu (San Pedro) se trouvant à 350 m d’altitude. Avec Breña Baja et Santa Cruz, son territoire formait le canton préhispanique de Tedote. La proximité de la capitale en a fait une commune résidentielle en croissance ; l’économie associe banane, avocat et une vieille tradition du tabac, à l’origine des réputés « puros palmeros ». Le municipe est dominé par le Risco de la Concepción, ancien hydrovolcan déclaré monument naturel.

Breña Baja

Breña Baja est l’un des plus petits municipes de l’île (environ 14 km²), sur la côte est, entre Breña Alta et Villa de Mazo, avec près de 5 700 habitants et un chef-lieu (San José) vers 300 m. Il formait avec Breña Alta le canton préhispanique de Tedote et n’en fut séparé qu’en 1634. D’abord agricole, il est aujourd’hui surtout tourné vers les services et le tourisme, concentrés autour de la plage de Los Cancajos. Il revendique une singularité : en 1936, ce fut la première commune d’Espagne à instituer la fête des Mères. On y voit encore d’anciennes salines du XVIIIe siècle, d’inspiration gréco-romaine.

El Paso

El Paso s’étend au cœur de l’île, de la Caldera de Taburiente au nord jusqu’aux abords de Fuencaliente au sud. C’est le municipe le plus étendu de La Palma (135,9 km²) et le seul dépourvu de littoral ; il compte environ 7 900 habitants, le centre-ville étant à 644 m. Son territoire recouvre plusieurs anciens cantons benahoaritas, dont Aceró — la Caldera, restée indomptée sous le mencey Tanausú — ainsi qu’Aridane, Tihuya et Tamanca. Détaché de Los Llanos en 1837, il obtient le titre de ville en 1910. On y trouve le Parc national de la Caldera de Taburiente et le Roque de los Muchachos (2 426 m), point culminant de l’île et siège de l’observatoire astrophysique ; c’est aussi à El Paso, à Cabeza de Vaca, qu’a débuté l’éruption de 2021.

Fuencaliente

Fuencaliente occupe l’extrémité sud de l’île, sur la dorsale de Cumbre Vieja, des côtes atlantiques jusqu’à près de 1 900 m. Le municipe couvre 56,4 km² pour environ 1 965 habitants, le chef-lieu (Los Canarios) se trouvant à 750 m. Il correspond à l’ancien canton d’Ahenguareme et tient son nom d’une source d’eaux thermales, la Fuente Santa, ensevelie par une éruption. Terre volcanique par excellence, il abrite les volcans de San Antonio (1677) et de Teneguía (1971, dernière éruption émergée des Canaries avant Tajogaite), les Salinas de Fuencaliente et un vignoble réputé pour sa malvasía. Premier « municipe Starlight » des Canaries (2020), il est aussi le point de départ de la course Transvulcania.

Garafía

Garafía s’étend au nord-ouest, de la mer jusqu’au Roque de los Muchachos, entaillée de barrancos profonds qui en ont longtemps fait la commune la plus isolée de l’île. Deuxième municipe par la superficie (103 km²), il compte environ 1 900 habitants dispersés dans une quinzaine de quartiers, le chef-lieu étant Santo Domingo (400 m). Son territoire correspond à l’ancien canton de Tagalguen ; repeuplé après la conquête surtout par des Portugais, il resta soumis à l’impôt féodal des « quintos » jusqu’en 1987. L’économie repose sur l’élevage caprin — avec des fromages réputés — et l’agriculture. Sur ses hauteurs se trouvent l’observatoire du Roque de los Muchachos et d’importantes stations de gravures rupestres, comme celle de La Zarza.

Los Llanos de Aridane

Los Llanos de Aridane s’étend sur le versant ouest, dans la vaste plaine du Valle de Aridane. Avec environ 20 600 habitants, c’est la commune la plus peuplée de l’île, pour une superficie de 35,8 km² et un casco à 325 m. Son nom reprend celui du canton préhispanique d’Aridane, le terme aborigène signifiant « les plaines ». Principal pôle économique et commercial de l’ouest, il vit de la banane et du tourisme. Sa Plaza de España, ombragée de lauriers d’Inde rapportés de Cuba au XIXe siècle, en est l’un des emblèmes ; le municipe fut le plus touché par l’éruption de 2021, qui détruisit notamment le quartier de Todoque.

Puntagorda

Puntagorda occupe les médianies du nord-ouest, vers 600 m d’altitude, sur environ 31 km² pour moins de 2 000 habitants. Avant la conquête, son territoire faisait partie du canton de Tixarafe, dont il fut détaché par la suite. Commune rurale par excellence, elle est réputée pour ses amandiers, sa viticulture et son marché de l’agriculteur. Sa fête la plus connue est la Fiesta del Almendro en Flor, célébrée depuis 1977 à la floraison des amandiers, en janvier-février, et déclarée fête d’intérêt touristique des Canaries.

Puntallana

Puntallana s’étend sur le versant nord-est, de la mer aux crêtes de la Caldera, sur environ 35 km² pour quelque 2 400 habitants ; le chef-lieu, San Juan de Puntallana, est à 420 m. Son territoire correspond au canton préhispanique de Tenagua, dont le dernier chef fut Atabara. Longtemps « grenier à blé » de l’île grâce à ses terres argileuses, il s’est ensuite tourné vers la banane et le maraîchage. Parmi ses sites : la Casa Luján, demeure coloniale devenue musée ethnographique, la laurisilve du Cubo de La Galga et la Playa de Nogales, la plus longue plage de sable noir de l’île.

San Andrés y Sauces

Au nord-est, entre Puntallana et Barlovento, San Andrés y Sauces couvre environ 43 km² pour quelque 4 400 habitants, le chef-lieu (Los Sauces) étant à 250 m. Il correspond au canton préhispanique d’Adeyahamen, dont le nom signifierait « sous l’eau » — une allusion à l’abondance de la ressource, issue des sources de Marcos y Cordero. Cette eau permit la culture de la canne à sucre après la conquête, avant la banane actuelle. La commune abrite Los Tilos, l’une des plus belles laurisilves des Canaries et première réserve de biosphère de l’île (1983), ainsi que les piscines naturelles du Charco Azul.

Santa Cruz de La Palma

Capitale de l’île, Santa Cruz de La Palma s’étend sur le versant oriental, autour d’une baie qui lui sert de port. Le municipe couvre 43,4 km² pour environ 15 500 habitants, le centre étant au niveau de la mer. Fondée le 3 mai 1493 par Alonso Fernández de Lugo sur l’ancien canton de Tedote, la ville fut un port clé de la route des Amériques ; pillée en 1553 par le corsaire François Le Clerc, elle fut ensuite fortifiée. Son centre historique, déclaré Bien d’intérêt culturel, conserve la Calle Real et la Plaza de España, l’un des plus beaux ensembles Renaissance de l’archipel. Tous les cinq ans s’y tient la Bajada de la Virgen de las Nieves, avec sa célèbre Danse des Nains.

Tazacorte

Sur la côte ouest, à l’embouchure du Barranco de las Angustias, Tazacorte est le plus petit municipe de l’île (11,4 km²), avec environ 4 600 habitants et un casco à 170 m. C’est là, au futur Puerto de Tazacorte, qu’Alonso Fernández de Lugo débarqua le 29 septembre 1492 pour entamer la conquête de l’île. Détaché de Los Llanos en 1925, il vit de la banane — qui bénéficie d’une indication géographique protégée — et de la pêche, son port étant le principal de l’île. Il abrite le premier musée de la banane d’Europe et compte parmi les communes les plus ensoleillées d’Espagne.

Tijarafe

Tijarafe occupe le versant ouest / nord-ouest, des crêtes jusqu’à une côte d’accès difficile, sur environ 54 km² pour quelque 2 600 habitants ; l’habitat, très dispersé, se situe surtout entre 400 et 800 m. Le nom désignait l’un des douze cantons préhispaniques, Tixarafe, qui englobait aussi l’actuel Puntagorda. Commune rurale et viticole, elle est célèbre pour le Diablo de Tijarafe, danse pyrotechnique de la nuit du 8 septembre lors des fêtes de la Candelaria. Sur sa côte se cache le Porís de Candelaria, hameau de pêcheurs blotti dans une grande grotte marine ; le mirador del Time, lui, offre une vue plongeante sur le Valle de Aridane.

Villa de Mazo

Au sud-est de l’île, entre Breña Baja et les laves du volcan Martín, Villa de Mazo couvre environ 71 km² — troisième municipe par la taille — pour près de 4 900 habitants, le chef-lieu (El Pueblo) étant à 500 m. Son territoire correspond au canton préhispanique de Tigalate qui, avec Aceró, fut l’un des rares à résister à la conquête. On y trouve la grotte de Belmaco, où furent décrites au XVIIIe siècle les premières gravures rupestres des Canaries. Réputée pour son artisanat — broderie, vannerie, poterie —, la commune est surtout connue pour son Corpus Christi, dont les arcs et tapis floraux, élaborés depuis le début du XVIIe siècle, sont déclarés fête d’intérêt touristique national.

Et tout ça sur une seule île minucule

Le drapeau officiel de La Palma est composé de deux bandes verticales d’égale largeur : une bande bleu marine (côté mât) et une bande blanche (côté flottant).

Ce modèle a été approuvé par décret officiel le 26 novembre 1990 par le gouvernement des îles Canaries. Au centre du drapeau se trouve généralement l’écu officiel de l’île (le blason du Cabildo Insular de La Palma).

La symbolique des couleurs

Les teintes choisies proviennent directement des armoiries historiques de l’île :

  • Le bleu marine (bleu mer) : Symbolise le ciel et l’océan Atlantique qui entoure l’archipel.
  • Le blanc : Représente l’Archange Saint Michel ainsi que la Vierge des Neiges (Virgen de las Nieves), la sainte patronne de La Palma.

Le blason central
Le blason placé au milieu du drapeau représente un écu bleu avec des vagues d’argent (blanches) au fond. On y distingue le buste de Saint Michel Archange, protecteur de l’île lors de la conquête de 1493. L’écu est entouré d’une bordure décorée de fleurs endémiques de l’île pour se différencier du blason de la capitale (Santa Cruz de La Palma).

Il est fréquent de confondre le drapeau de La Palma avec :

  • Le drapeau des îles Canaries : Qui possède trois bandes verticales (blanc, jaune, bleu).
  • Le drapeau de Las Palmas : Qui est le drapeau de la province voisine ou de la ville de Las Palmas de Gran Canaria (bleu et jaune).

La Palma ne fait que 700 km2, et de bord-à-bord dans le sens nord/sud on n’a que 45 km. Le sommet de El Roque de Los Muchachos culmine à 2 426 mètres, ce qui fait que l’île est très « pointue » et toutes les routes très sinueuses. Depuis 2 ans que j’habite ici, et malgré une voiture qui le permettrait, je n’ai encore jamais réussi à dépasser les 100 km/h (et encore pas très longtemps).

A l’époque des 12 cantons benahoritas, chacun vivait dans un total isolement et on développé des us et coutumes différents. Il n’y avait pas de route, pas de voiture, pas d’internet ni réseaux sociaux, pas de smartphone.

De nos jours, et malgré la technologie, on sent encore ce « relatif » isolement. J’habite côté Ouest à El Paso, quand je vais côté Est ou dans les extrêmes nord/sud (Garafia/Fuencaliente), je ressens cette différence, ce fait que je « ne suis pas chez moi ». Toujours très accueillant, mais différent. Il y a aussi les 4 climats de l’île qui influe sur les mentalites.

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