L’Histoire de La Palma (et des Canaries)

Dans cet article on va parler de l’histoire humaine, dans cet autre article, j’ai évoqué l’histoire géologique.

L’époque pré-hispanique

Parmi toutes les recherches que j’ai faite, on ne parle que de cela : les ancêtres des Berbères (les Amazighs) n’ont pas fui l’Afrique, mais ont traversé la mer depuis les côtes marocaines pour peupler l’archipel entre le (Xème) siècle avant J.-C. et le Ier siècle après J.-C.. Il s’agissait de vagues migratoires délibérées motivées par la recherche de nouvelles terres et l’expansion depuis le Maghreb, favorisées par la proximité géographique.

Xème siècle avant J.-C. ça veut dire aussi bien avant la naissance et l’essor de l’empire romain.
Ces gens du désert étaient des piètres navigateurs, mais à l’époque il y avait les Phéniciens, les Carthaginois, …
Certains historiens avancent l’hypothèse que des navigateurs phéniciens ou carthaginois — dont les comptoirs longeaient précisément ces côtes — auraient pu jouer un rôle de passeurs. Mais aucune trace directe ne le confirme à ce jour.

Depuis les côtes marocaines, la distance entre le cap Juby (côte marocaine la plus proche) et Lanzarote est d’environ 100 km. A Lanzarote, on voit Fuerteventura, puis on voit Gran Canaria, … et ainsi de suite ; ça les a évidement tenté.
J’habite à La Palma, côté Ouest depuis chez moi je peux voir El Hierro ; depuis l’Est on peut voir Tenerife (et son fameux Teide), La Gomera et encore El Hierro.
Ces îles sont tellement massives qu’on croit qu’elles sont « juste à côté » et qu’on pourrait y aller en kayak 🙂

Ces berbères se sont donc petit-à-petit installé sur les îles, coupés du continent après leur installation, ils ont développé des cultures insulaires uniques, et progressivement perdu les techniques de navigation.

Les seuls Berbères non islamisés : Les Guanches sont le seul groupe berbère à ne pas avoir été converti à l’islam, car leur installation précède l’expansion arabe au Maghreb.

Eh oui, à l’époque il n’y avait pas encore Facebook.

Les peuples

Les espagnols de la péninsule les appellent tous les Guanches, sorte de mot générique, mais chaque île, de par son isolement, a développé des tribus/cultures différentes.

  • Tenerife : Les Guanches (nom qui signifie littéralement « Homme de Tenerife » et qui a été étendu à tout l’archipel)
  • La Palma : Les Benahoritas (ou Auaritas), qui voulait dire « ma terre »
  • Grande Canaria : Les Canarios (mais rien à voir avec le petit oiseau jaune)
  • Lanzarote : Les Mahos (ou Mahoreros)
  • Fuerteventura : Les Mahos (l’île partageait le même peuple et la même culture que Lanzarote)
  • La Gomera : Les Gomeritas (ou Gomeros)
  • El Hierro : Les Bimbaches

Et avant eux ?

Je suis passionné par les B.A.M. = les Bâtisseurs des Anciens Mondes, L’Egypte pharaonique bien sur, mais encore avant, le mystère de l’Atlantide.

Installé ici depuis seulement deux ans, je n’ai pas eu le temps de faire des recherches approfondies, d’autant que là on quitte la science pour la spéculation, les mythes & légendes.
Les Canaries « seraient » les restes de l’Atlantide engloutie ?

J’y consacrerai quelques jours d’études, avant d’écrire des bêtises, car c’est un sujet sensible.

La conquête espagnole

Christophe Colomb devant le roi catholique Ferdinand II d’Aragon et la reine Isabelle 1ère de Castille, à son retour d’Amérique.

En 1474, Isabelle de Castille devient Reine de Castille (l’Espagne unifiée n’existe pas encore). Surnommée « Isabelle la catholique » (la Católica), elle est mariée à Ferdinand d’Aragon. C’est le règne des Rois de Castille & d’Aragon, surnommés « les Rois catholiques« . C’est une union personnelle, pas une fusion politique.

A l’époque, la moitié sud de l’Espagne est occupée par les Maures musulmans. Ce sont les « Rois catholiques », Isabelle et Ferdinand, qui, de 1482-1492, ont chassé les Maures d’Espagne, et reprit la ville de Grenade, pourtant réputée imprenable. C’est « la reconquista« .
(ps hors sujet : j’ai eu l’occasion de visiter les grands palais maures : l’Alhambra et le Generalife ; c’est absolument magnifique).

S’en est suivi des vastes ambitions de conquêtes, d’autant que géographiquement l’Espagne est ouverte à la mer.

On connait tous l’histoire de Christophe Colomb et la découverte des Amériques. C’est Isabelle qui a financé cette expédition.
Cette histoire est magnifiquement relatée dans le film « 1492 » (avec Gérard Depardieu en Christophe Colomb).

Mais pour faire cela, il fallait une « base de lancement », une « tête de pont » (en langage militaire) ; les Canaries furent naturellement conquises.

La route du premier voyage de Christophe Colomb (1492-1493) débute le 3 août 1492 depuis le port de Palos, en Espagne. Grâce aux vents alizés, la flotte composée de la Santa María, la Pinta et la Niña traverse l’Atlantique et atteint les Caraïbes le 12 octobre 1492.

L’expédition a suivi les étapes suivantes :

  • Départ : Palos de la Frontera, Andalousie (3 août 1492).
  • Escale : Îles Canaries pour ravitaillement et réparations (départ le 9 septembre 1492).
  • Arrivée dans les « Indes » : Débarquement sur l’île de Guanahani (actuelles Bahamas), baptisée San Salvador (12 octobre 1492).
  • Exploration des Caraïbes : Découverte de Cuba (octobre) et d’Hispaniola, actuelle Haïti/République dominicaine (décembre).
  • Le Retour : Face à la perte de la Santa María, Colomb laisse 39 hommes au fort de la Nativité et prend le cap au nord-est pour capter les vents d’ouest. Il fait escale aux Açores.
  • Arrivée en Europe : Retour à Lisbonne (4 mars 1493) puis à Palos (15 mars 1493).

Les îles Canaries se trouvent à hauteur du 28ème parallèle nord, en plein dans les vents des alizées qui soufflent vers l’Ouest.
L’endroit idéal pour en faire une « station service ». J’arrive avec mes bateaux, la Pinta, la Niña et la Santa Maria ; tu me fait le plein, un petit coup sur le pare-brise, et on est reparti.
C’est comme les belges qui partent en vacances dans le sud et qui doivent passer par le Luxembourg pour faire le plein d’essence et de cigarettes.

En 1492-1493, La Palma est conquise par Alonso Fernández de Lugo au profit de l’Espagne.

La conquête s’acheva en 1493 avec la capture du roi benahorite Tanausú, qui avait résisté et survécu dans la région d’Aceró, aujourd’hui la caldeira de Taburiente. Trahi par un membre de sa famille, il mourut en captivité durant son voyage vers l’Espagne.

Après 1493 et la fin de la conquête de l’île par la Couronne de Castilla, la transition des Benahoaritas (les aborigènes de Benahoare) vers l’identité de Palmeros s’est faite par un processus forcé d’assimilation culturelle, de métissage et de christianisation.

1. Soumission et esclavage
Après la reddition des chefs (les arimaguadas et princes des différents cantons) en 1493, une grande partie de la population autochtone a été déportée comme esclave vers d’autres îles ou en péninsule Ibérique. Ceux qui sont restés sur l’île ont été soumis au travail forcé.

2. Assimilation et évangélisation
Les survivants ont été contraints d’abandonner leur religion (basée sur le culte du dieu Abora et de la Lune) au profit du catholicisme. L’imposition de prénoms et de noms de famille espagnols a effacé l’onomastique originelle.

3. Métissage et intégration sociale
Le faible nombre de femmes espagnoles au début de la colonisation a rapidement conduit à un fort métissage entre les hommes colonisateurs et les femmes benahoaritas. Cette nouvelle génération est devenue une partie intégrante de la nouvelle société de l’île (qui a pris le nom de San Miguel de La Palma).

4. Oubli linguistique et survie culturelle
La langue berbère insulaire s’est éteinte en quelques générations, mais les anciens habitants ont légué à l’identité palmera :

  • Un vaste héritage toponymique (les noms de lieux comme Tazacorte, Tijarafe ou Aridane).
  • Des techniques agricoles et pastorales adaptées au terrain volcanique, qui sont devenues des piliers de la culture rurale de l’île.

Les fêtes catholiques à La Palma

La Palma, et les autres îles, sont des fervents catholiques et de nombreuses fêtes locales sont organisées, en plus du calendrier catholique mondial. Et on sait que les espagnols sont de grands fêtards.

Le calendrier catholique à La Palma (îles Canaries) est rythmé par les fêtes nationales espagnoles et de nombreuses célébrations locales et patronales.

Les principales fêtes religieuses et jours fériés :

  • 6 janvier : L’Épiphanie (Día de Reyes), qui célèbre la visite des Rois Mages.
  • Avril (date variable) : Semaine Sainte (Semana Santa), marquée par d’importantes processions solennelles dans toute l’île.
  • Juin (date variable) : La Fête-Dieu (Corpus Christi), particulièrement spectaculaire dans la commune de Villa de Mazo, où les rues et les places sont recouvertes de magnifiques tapis de fleurs et d’arcs.
  • 15 août : L’Assomption.
  • 8 septembre : Fête de Notre-Dame de la Peña et la célèbre Fiesta del Diablo à Tijarafe, un mélange unique de folklore religieux et de traditions populaires.
  • 1er novembre : La Toussaint.
  • 25 décembre : Noël.

Les célébrations locales incontournables :

  • Bajada de la Virgen de las Nieves (Sainte Patronne de La Palma) : Cet événement majeur n’a lieu que tous les 5 ans. Ces fêtes lustrales durent près de deux mois et comprennent d’impressionnants pèlerinages (romerías) et la fameuse Danse des Nains (Danza de los Enanos) dans les rues de Santa Cruz de La Palma.
  • Fêtes patronales communales : Chaque municipalité honore son propre saint patron avec des messes solennelles, des processions et des festivités folkloriques (ex: San Miguel Arcángel à Tazacorte ou le Sacré-Cœur à Puntallana).

Le musée naval à Santa Cruz de la Palma

Il y a à la capitale Santa Cruz de la Palma, le musée qui relate l’expédition de Christophe Colomb. Ce bâtiment est une réplique à l’échelle 1:1 du navire amiral : la Santa Maria

Que pensez-vous de cet article ? Merci de liker et laisser un commentaire.

0%
like

Like

100%
love

Love

0%
happy

Happy

0%
haha

Haha

0%
sad

Sad

0%
angry

Angry

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut